libres propos d’Arlette

26 septembre 2009

REVOLUTION SEXUELLE OU LIBERATION SEXUELLE

Publié par arletteraymonde dans Non classé

La révolution sexuelle recouvre les changements substantiels du comportement et des mœurs sexuels intervenus en Occident à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Ce mouvement est essentiellement marqué par l’émancipation sexuelle des femmes et l’affirmation de l’égalité des sexes.
Cette révolution est consubstantielle d’une révolution scientifique marquée par un faisceau de découvertes et d’avancées : la diffusion du préservatif en latex après les années 30, le traitement des maladies sexuelles transmissibles, et la diffusion de la contraception (le stérilet est inventé en 1928, et la pilule contraceptive est découverte en 1950).
Si l’acte sexuel était risqué, entrainant la possibilité d’une procréation non voulue, le risque de MST ne l’est plus. Pourquoi s’en priver ? La révolution sexuelle est la réponse, dans les actes, à cette question. Signe des temps, on parle alors d’ « amour libre ».
LE SEXE ET LA MORALE
Le sexe est une pulsion, un instinct irrépressible et comme tous les êtres vivants, l’homo sapiens ne fait pas exception à la pression de ce que Sigmund Freud appelle la libido et qui vise à la reproduction et donc la survie de l’espèce. Cependant l’homo sapiens est un animal social et les sociétés qu’il constitue n’ont eu de cesse de réguler, contrôler, nommer l’acte sexuel, sa suggestion qualifiée d’érotique ou sa représentation qualifiée de pornographique.
L’humanité n’a pas attendu les années 60 pour être libertine ou libidineuse, en témoignent de nombreuses œuvres d’art.
Ce qui caractérise la révolution sexuelle, c’est : le déclin du pouvoir normatif en termes de morale de la part des églises en particulier et de toute autorité en général. La génération du baby boom impose une culture de jeunesse ; le passage de la sphère du privé à celle du public du « sexuel ». Ce qui se faisait dans les alcôves et se vendait « sous le manteau » a désormais droit de cité ; l’émergence du consumérisme, le développement d’une idéologie hédoniste de la jouissance.
LES THEORICIENS DE LA SEXUALITE
Sigmund Freud fait figure de pionnier en mettant en évidence que l’origine du comportement humain est enracinée dans la libido. Ce nouveau paradigme moderne de psychanalyse révolutionne l’image de soi d’une culture entière. La pruderie victorienne est remplacée par une nouvelle conscience du désir sexuel. Les hommes ont un complexe d’Œdipe et les femmes ont une envie de pénis. Le sein de la mère est la source de toute sensation érotique de la vie postérieure.
Cette nouvelle philosophie est le soutien d’une nouvelle idéologie intellectuelle et culturelle du nouvel âge de la franchise sexuelle. Pourtant, cette théorie est largement critiquée par des professionnels dans le domaine. Les disciples anarchistes de Freud, Otto Gross et particulièrement Wilhelm Reich, qui inventent l’expression « révolution sexuelle » et développent une sociologie de sexe dans les années 20 et 30.

LA PAROLE ET LES ACTES SE LIBERENT
L’ampleur réelle de cette évolution des mœurs reste incertaine. Le changement principal n’est pas une augmentation du nombre de rapports sexuels ni dans les formes nouvelles de sexualité, mais simplement l’apparition d’une parole ouverte que les générations précédentes sur ce sujet. Pour l’historien David Allyn, c’est une période où on se montre plus tolérant pour le sexe prénuptial, la masturbation, les fantasmes érotiques, la pornographie et éventuellement, l’homosexualité.
La représentation de la nudité, jusque là enfermée dans un carcan d’un prétexte mythologique se libère, envahit la publicité, les magazines érotiques ou pornographiques se vendent en kiosques. Le naturisme se développe. L’éducation sexuelle fait son entrée dans les collèges et les minijupes font leurs premières sorties dans la rue.
Un retour en arrière a lieu quelques années plus tard, les positions morales au sujet de la sexualité devenant nettement plus conservatrices dans les années 1980, en partie à cause de l’épidémie de SIDA.
LA POLITIQUE DU SEXE
Les années 60 et 70 marquent d’une certaine manière la fin du patriarcat, de la censure et l’avancée de l’égalité des femmes dans les législations nationales.
La politique est imbriquée dans les questions sexuelles connexes, appelées la « politique du sexe ». le droit d’une femme à un avortement suscite des réactions d’activistes traditionalistes contre les avortements de la soi disant « pro-vie » contre les « pro-choix ». Le sexe entre les personnes du même genre, l’homosexualité, strictement tabou à différentes époques, de domination de la société par l’Eglise, n’est plus stigmatisé. Les femmes et les hommes, lesbiennes et gays, réclament et obtiennent de nombreux droits précédemment réservés aux couples hétérosexuels.
L’EGALITE DES SEXES
La représentation de la nudité n’a jamais été bannie en Occident, elle n’est que soumise à des normes qui s’allègent progressivement. La nouveauté de la révolution sexuelle, c’est l’émergence du désir de la femme, son affirmation, mais aussi la connaissance publique des fantasmes sexuels des hommes et de la propagation de la pornographie.

L’HOMME-OBJET
Pendant les années 50, Elvis Presley, chanteur, présente une manière très lascive de danser en utilisant des mouvements de son corps d’une façon sexuellement suggestive. Les millions de jeunes femmes deviennent fans, et lui leur idole. Sur la scène et en concert, des milliers de jeunes femmes couinent, poussent des cris perçants et pleurent. C’est un facteur important dans la perte d’inhibition et la rébellion de la jeunesse des années 50 et 60.
SEXE PRENUPTIAL
Faire l’amour avant le mariage était un apanage masculin et la visite des bordels un passage presque obligé pour les jeunes hommes (au moment de leur service militaire). La virginité féminine en revanche était sacrée. Qu’en est t-il aujourd’hui ?
Cette question conduit à plusieurs approches de solutions, car aujourd’hui le sexe n’est ni vu ni vécu de la même façon selon les coutumes, l’éducation et la société dans laquelle nous évoluons.
Au Congo par exemple, la scène est devenue banale dans les rues, beaucoup de jeunes se séduisent en public. Une génération précoce en amour est entrain de voir le jour et se détourne de la tradition comme si elle était un frein à la modernité. Bon nombre de jeunes critiquent âprement les traditions qui les brident. La révolution des mœurs qui a lieu aujourd’hui semble radicale et importante. Certains l’expliquent par l’ouverture de la société et la banalisation des images osées dans les magazines, à la télévision et d’autres supports audiovisuels. La paupérisation de la population, la misère engendrée par les guerres récurrentes vécues par les congolais sont les raisons que certaines filles évoquent pour cautionner le sentiment de non pudeur et la prostitution voilée qu’elles exercent.
L’éducation sexuelle est enseignée dans les écoles, on apprend aux élèves à mettre un préservatif sur un sexe artificiel pour éviter le SIDA et les IST. Cela est une bonne chose dans la mesure où ces enseignements concourent à apprendre aux enfants les dangers d’une sexualité libre, mais c’est aussi une forme de tentation pour ceux qui avaient une vision traditionnelle de la sexualité.
D’une certaine mesure la révolution sexuelle n’a épargné aucune société. Jadis les femmes se mariaient très tôt et par conséquent avaient une sexualité et une maternité précoces. Il faut également noter que toutes les filles ne réagissent pas de la même manière devant l’appel du sexe. Ce sont celles qui fréquentent des groupes à risque (débits de boissons, habits indécents, analphabétisme, toxicomanie) et surtout celle qui sont sans soutien qui se lancent rapidement dans la sexualité.
QUELLES SONT LES MESURES A PRENDRE ?
Une sexualité mal vécue est un danger pour les adolescents. Il est important de développer des centres de santé pour jeunes animés par un personnel qualifié, redynamiser les programmes d’éducation pour la vie familiale à l’école, au quartier et dans les églises. Ceci sera fait en collaboration avec les parents, enseignants, chefs de quartier regroupant la communauté entière. Ces programmes permettront aux jeunes d’avoir accès à la bonne information pour mieux aborder la sexualité plus tard.
Les pouvoirs publics ont du pain sur la planche mais l’information est un facteur important de sensibilisation.
Arlette Raymonde BAKOU
bakouarlette@yahoo.fr

Laisser un commentaire